1973 : la quatrième guerre israélo-arabe (guerre du Kippour)
En octobre 1973, pendant la fête religieuse juive du Yom-Kippour, les armées égyptiennes et syriennes attaquent par surprise sur leurs fronts respectifs et prennent Israël au dépourvu. Le guerre est de courte durée. Elle n'apporte pas de résultats militaires tangibles pour les Arabes, mais lave les affronts qu'ils ont subis au cours des guerres précédentes. Elle déclenche en outre un processus diplomatique qui se solde quelques années plus tard par le traité de paix de 1979 entre l'Egypte et Israël. Cette paix séparée, conclue à l'initiative du gouvernement américain, restitue à l'Egypte la presqu'île du Sinaï mais pas la bande de Gaza, qui reste occupée. Plus tard, la Syrie entame également des négociations avec Israël, mais elle ne récupère qu'une petite partie du Golan. Entre-temps, les Syriens semblent avoir fait leur deuil de ce territoire.
La Jordanie, qui n'avait pas participé à la guerre de 1973, fait elle aussi la paix avec Israël et renonce à la Cisjordanie qui lui avait été attribuée en 1949. Désormais, les Palestiniens se retrouvent seuls face aux occupants israéliens avec un territoire virtuel morcelé (Gaza d'une part, la Cisjordanie ou rive occidentale du Jourdain - Westbank - de l'autre). Si l'Etat palestinien indépendant est proclamé un jour, c'est de ces fragments qu'il devra se contenter (22 % de la Palestine d'avant le partage).

Un Etat viable ?
Voir aussi la carte détaillée Cisjordanie et Gaza en janvier 2000
(Source: Le Monde Diplomatique - 147 ko)
1982 : la guerre du Liban
Les années 80 n'apportent pas grand-chose à l'OLP. Déjà chassée de Jordanie par le roi Hussein en 1970 et réfugiée au Liban, l'organisation clandestine y subit en 1982 les assauts israéliens. L'Etat hébreu envahit alors le pays pour en déloger les Palestiniens. Les combattants de l'OLP, trop faibles, finissent par se replier en Tunisie; les Israéliens, eux, restent au Liban, s'appuyant sur les milices chrétiennes phalangistes.
En septembre 1982, les occupants israéliens aident ces milices libanaises d'extrême droite à massacrer 3.500 réfugiés palestiniens des camps de Sabra et de Chatila, près de Beyrouth. C'est le pire crime de guerre jamais commis dans la région. Le responsable de cette tuerie a pour nom Ariel Sharon - c'est l'actuel Premier ministre d'Israël. En 2001, traduit en justice à Bruxelles pour ces crimes, Sharon n'ose plus s'aventurer dans la capitale européenne. Mais il se permet toujours de traiter Yasser Arafat de "terroriste". [En juin 2002, grâce aux efforts entrepris par le lobby sioniste, la plainte est rejetée ; l'assassin croit pouvoir dormir tranquille. Mais en février 2003, la Cour de cassation confirme qu'il pourra être jugé pour crimes de guerre dès qu'il n'exercera plus les fonctions de Premier ministre.]
L'occupation israélienne au Liban durera en tout 18 ans et coûtera la vie à 20.000 civils arabes - et même davantage si l'on tient compte des innombrables raids et incursions de l'armée sioniste avant 1982 (une guerre civile attisée par Israël, mais aussi par la France, les USA, la Syrie et l'Iran, secouait déjà le Liban depuis 1975).
Voir également notre page sur le Liban et la Syrie.
Vers un Etat palestinien ?
En 1988, la situation dans les territoires palestiniens se détériore toujours plus. C'est l'époque de la première Intifada: des enfants et des adolescents arabes affrontent l'armée d'occupation à coup de pierres. Les forces de répression tirent et tuent des centaines de jeunes. La guérilla urbaine devient permanente.
Deux ans plus tard, cependant, l'espoir renaît. Le chef de l'OLP reconnaît l'existence de l'Etat d'Israël et les dirigeants israéliens acceptent de discuter avec l'organisation palestinienne. Le processus de paix est à peine ralenti par la guerre du Golfe de 1991 (l'Irak lance alors des missiles sur Tel Aviv et tue quelques dizaines de personnes, mais sans susciter de réaction de la part d'Israël, car Washington veille à ne pas se laisser déborder). Après la guerre, on reprend les négociations, et en 1993 Yasser Arafat signe avec Yitzhak Rabin un accord prévoyant, dans un premier temps, l'automonie partielle de Gaza et de la ville de Jéricho. On met ensuite en place l'Autorité Palestinienne, embryon du futur gouvernement. Bref, il semble que le bout du tunnel soit en vue. Mais c'est compter sans les extrémistes israéliens.
En arrière toute !
Rabin a de nombreux ennemis parmi ses compatriotes. Ils crient à la trahison et réclament sa démission. Finalement, le Premier ministre est assassiné en 1995.
A partir de là, tout repart en marche arrière. L'accord de paix qui avait été signé à Oslo ne sera jamais appliqué. Les gouvernements successifs (Pérès, Nétanyahou, Barak) font tout ce qui est en leur pouvoir pour gagner du temps et saboter l'entente. La mise en place de colonies en Cisjordanie et à Gaza reprend de plus belle. Des dizaines de milliers de nouveaux arrivants juifs sont envoyés dans les territoires occupés. Ils viennent pour la plupart des pays de l'ex-URSS et ignorent presque tout de la situation locale, ne parlant pas l'hébreu, et encore moins l'arabe. Pour eux, on isole des villages palestiniens en les entourant de murs ou de palissades; on construit des routes de contournement exclusivement réservées aux Juifs: c'est le délire le plus complet.
Dans l'optique des sionistes, même si la Palestine devenait indépendante, les colonies juives subsisteraient et devraient bénéficier d'une protection spéciale de l'Etat d'Israël. La carte ci-dessous à gauche montre clairement qu'une telle Palestine ne serait rien de plus qu'un de ces homelands ou bantoustans imaginés jadis par les tenants de l'apartheid pour y parquer la population noire sud-africaine (en bleu: les colonies juives - en vert: les secteurs "autonomes" - en blanc: les zones restant sous le contrôle d'Israël).
Palestine = Bophuthatswana ? Non, merci, répondent les Palestiniens...
[Voir ici la carte des bantoustans sud-africains à l'ère de l'apartheid - source : fotw.]
Les ultras israéliens, eux, veulent d'autres frontières (voir la carte de droite). Et pour que cet Israël conforme à la doctrine sioniste devienne réalité, il est nécessaire de poursuivre inexorablement la politique de colonisation. A terme, les Juifs seront entre eux, enfin seuls et sans Arabes. En attendant, sur les dix millions de personnes qui peuplent cet Israël de rêve, on compte quelques quatre millions de gêneurs (un million au coeur même de l'Etat hébreu, un autre million à Gaza et deux millions en Cisjordanie).
La différence essentielle entre l'apartheid de Tel Aviv et celui de Prétoria, c'est que les descendants des Boers considéraient la ségrégation comme une fin en soi ; ils n'avaient ni l'intention ni la force de chasser les Noirs hors du pays. Pour les dirigeants israéliens, en revanche, l'apartheid n'est qu'une étape, l'objectif final étant un Etat juif racialement pur.
Mais il y a pire encore : les plus fanatiques des extrémistes juifs vont jusqu'à revendiquer un Grand Israël biblique allant du Nil à l'Euphrate. Pour "justifier" leurs "droits", ils invoquent la Genèse (15, 18) : "L’Eternel fit alliance avec Abraham et dit : Je donne ce pays à ta postérité, depuis le fleuve d’Egypte jusqu’au grand fleuve Euphrate."
Les bandes bleues du drapeau israélien symbolisent d'ailleurs ces deux fleuves entre lesquels domine l'Etoile de David :
Les illuminés du sionisme traduisent abusivement le mot "postérité" par "les Juifs". En fait, même en se plaçant exclusivement sur le terrain de la mythologie biblique, la légende de la terre promise aux Juifs (et à eux seuls) ne résiste pas à l'examen des textes - et pourtant elle constitue le fondement de l'expansionnisme israélien.
Le patriarche Abraham, qui est originaire d'Our en Chaldée (Genèse 11, 31 - La Chaldée est aujourd'hui l'Irak), est tout autant l'ancêtre des Arabes (par son fils Ismaël - Genèse 16, 15) que celui des Juifs (par son fils Isaac - Genèse 17, 19). Et si l'on en croit la Genèse (17, 4), Dieu dit à Abraham : "Tu deviendras le père d’une multitude de nations". C'est pourquoi les musulmans vénèrent eux aussi celui qu'ils appellent Ibrahim (son tombeau se trouve à Hébron, dans les territoires occupés).
(Voir aussi notre page sur les mythes sionistes, notamment celui des droits ancestraux du peuple juif.)
L'expansion coloniale sioniste au-delà des limites de la Palestine pouvait sembler utopique il y a quelques années. Fin 2003, elle est plus actuelle que jamais. Comme le rappelle le professeur Michel Chossudovsky de l'Université d'Ottawa, Israël presse les Etats-Unis d'envahir la Syrie et prévoit déjà d'y établir des colonies de peuplement semblables à celles de Gaza et de Cisjordanie.
Escalade
La position de Yasser Arafat devient de plus en plus difficile; il ne contrôle plus ses troupes. Aux yeux de très nombreux jeunes Palestiniens, sa stratégie n'a plus aucune chance de succès. Pas encore nés lorsque le chef de l'OLP est entré en scène, ils n'ont aucune envie de patienter vingt ou trente ans avant qu'Israël daigne leur accorder un semblant d'indépendance. Ils se tournent donc vers ceux qui leur proposent des solutions plus radicales: Hamas, intégristes, groupes terroristes. Arafat ne semble plus représenter que les classes moyennes arabes impatientes de s'enrichir dans un monde redevenu pacifique.
Dans ces conditions, on s'enfonce chaque jour un peu plus dans la catastrophe. Depuis que le raciste Sharon, en septembre 2000, a ouvertement provoqué les Palestiniens en profanant par sa "visite" la mosquée Al-Aqsa, un des hauts lieux de l'Islam, l'Intifada a repris, et avec elle la répression. Les morts se comptent déjà par centaines. La provocation a réussi, puisque Sharon est entre-temps devenu Premier ministre. Sharon - le boucher de Sabra et Chatila, le partisan fanatique du terrorisme institutionnalisé - à la tête de l'Etat hébreu: on ne pouvait imaginer pire...
Et pourtant, il pourrait y avoir pire. Le bruit court, en 2001, que certains groupes israéliens d'extrême droite disposant d'appuis très efficaces au sein de l'appareil d'Etat (armée, police, services secrets) et mêlés à l'assassinat de Rabin, songent déjà à remplacer Sharon , qu'ils considèrent comme un pis-aller. Trop mou, trop "démocrate", pas assez audacieux, il pourrait néanmoins avoir une certaine utilité. S'il venait à disparaître dans un attentat - attentat que tout le monde imputerait nécessairement au terrorisme international -, alors plus personne en Occident ne verrait d'inconvénient à ce que l'Etat juif réagisse comme il se doit, en utilisant les armes dont il dispose. Une bombe atomique de faible puissance sur Bagdad ferait l'affaire. De l'avis de ces gens, l'avantage militaire et politique d'une telle action dépasserait de beaucoup ses inconvénients. Après tout, se disent-ils, deux bombes ont bien explosé au-dessus du Japon, et le monde n'a pas cessé de tourner.
Même s'il s'agit de simples rumeurs, de telles menaces devraient être prises au sérieux. Dans la situation internationale actuelle, tout est devenu possible. Et il est clair que les milieux influents en Israël exploitent cette situation, qu'ils ont en partie contribué à créer, pour forcer la réalisation de leurs plans expansionnistes.
Quel avenir ?
Bien qu'elle ne soit pas en vue, on peut se demander à quoi pourrait ressembler une solution raisonnable.
Elle passerait évidemment par la création de cet Etat palestinien attendu depuis si longtemps, un Etat qui devrait jouir de la pleine souveraineté nationale. Des représentations diplomatiques à l'étranger et un strapontin à l'ONU ne suffisent pas, pas plus qu'un drapeau et une équipe nationale de football. Il faudrait que toutes les prérogatives habituelles d'un véritable Etat soient exercées par les Palestiniens eux-mêmes, sans immixtion de la part d'Israël. Les colonies juives devraient donc être dissoutes. Le rapatriement des quelque 400.000 colons ne devrait pas poser de problème pour Israël. Le coût d'une telle opération (accueil, relogement, indemnisation) resterait bien en deçà de ce que l'Etat hébreu et ses sponsors dépensent pour poursuivre la guerre.
Bien sûr, un Etat palestinien ayant la taille d'un département français (6.000 km2) et composé de deux morceaux distincts, n'offre pas d'emblée toutes les chances de réussite, mais c'est mieux que rien. La survie est tout à fait possible, à condition que la circulation des personnes et des marchandises entre Gaza et la Cisjordanie soit librement assurée.
En contrepartie, Israël serait définitivement reconnu par ses voisins et ses frontières garanties; les déplacements entre les deux Etats ne seraient soumis à aucune restriction spéciale. Quant à Jérusalem, la ville serait nécessairement coupée en deux, puisque Palestiniens et Israéliens la considèrent comme leur capitale. Mais coupure ne signifierait pas séparation ou retour à la situation qui prévalait avant 1967; il existe dans le monde de nombreux exemples d'agglomérations urbaines coupées par une frontière d'Etat sans que la liberté de circulation soit entravée pour autant.
Pour ce qui est de la vieille ville de Jérusalem - ville sainte des trois grandes religions monothéistes -, bien que située dans la partie est (palestinienne), elle devrait être soumise à un statut spécial prévoyant une administration conjointe. Tous travaux, fouilles ou modifications des lieux ne pourraient être entrepris qu'avec l'accord général de toutes les parties concernées.

Source: Guide Berlitz
La question des réfugiés palestiniens (ils sont environ trois millions en Jordanie, au Liban et ailleurs) devrait faire l'objet de négociations ultérieures. Il est évident que ni la Palestine, ni Israël ne peuvent prendre en charge, sans aide extérieure, la réintégration de cette masse de personnes déplacées - même si l'Etat hébreu est responsable du sort qui leur a été infligé. Mais une solution raisonnable implique forcément un compromis.
De façon générale, les Palestiniens devraient se résigner à accepter la présence, dans cette partie du monde, des Juifs israéliens. Ceux-ci, de leur côté, devraient renoncer à poursuivre leur entreprise de colonisation aux dépens des Arabes. Quatre-vingts ans de grignotage devraient suffire. Il est temps que les Israéliens prennent leurs distances vis-à-vis du sionisme. Leur Etat existe, même si ce n'est pas sous la forme qu'avait entrevue Herzl. Pour ses héritiers, il n'est plus possible d'aller plus loin sous peine de se détruire soi-même. Le meilleur moyen de stopper le terrorisme intégriste musulman est de cesser de lui fournir les prétextes qui alimentent son action, et d'abandonner soi-même toute forme de terrorisme, qu'il soit privé ou public.
[Si Israël fait un jour la paix avec ses voisins palestiniens, une question brûlante se posera alors. Cet Etat devra se démocratiser, se donner une constitution stipulant que tous ses habitants jouissent des mêmes droits, quelle que soit leur appartenance ethnique ou religieuse. Ce sera donc fatalement la fin de l'Etat exclusivement juif. On voit mal, en effet, comment il pourrait en être autrement face à un Etat palestinien qui, lui, serait doté d'une constitution démocratique. Ou voudrait-on que la Palestine se constitue elle aussi sur des bases raciales et religieuses ?]
Lire ici ce que propose l'organisation pacifiste israélienne Gush Shalom (Bloc de la Paix) d'Uri Avnery.
La fin d'un tabou ?
Indépendamment de cela, bien sûr, l'idéal serait d'aboutir à une solution pluri-ethnique et pluri-confessionnelle du problème, avec un Etat israélo-palestinien unique, laïque et exempt de toute discrimination. C'est ce que souhaite Israel Shamir : The Future Is Now.
Le saxophoniste israélien Gilad Atzmon est du même avis. Il vit à Londres et déclare qu'il ne retournera dans son pays que le jour où celui-ci aura abandonné sa politique de ségrégation raciale et religieuse. En attendant, Atzmon appelle au boycott du régime sioniste et pense qu'Israël, dans sa forme actuelle, ne mérite pas ce droit à l'existence qu'il réclame pour soi tout en le déniant aux autres.
L'écrivain israélien Amos Oz écrit de son côté : "Un Etat ne peut pas être juif, pas plus qu'une chaise ou un autobus ne peuvent l'être... L'Etat n'est rien de plus qu'un outil - un outil efficace ou défectueux, un outil approprié ou indésirable. Et cet outil doit appartenir à tous les citoyens, qu'ils soient juifs, musulmans ou chrétiens. Le concept d'Etat juif n'est qu'un leurre dangereux."
Petit à petit, la solution de l'Etat unique binational commence à faire des adeptes, y compris parmi les Palestiniens (une fraction du Fatah la soutient depuis peu). Mais bien entendu, elle est absolument inacceptable pour les sionistes.
Sionistes que le journaliste juif Guy Sorman, éditorialiste au Figaro, met en garde en janvier 2003, dans une déclaration faite sur FR3 : "J'estime que l'Etat d'Israël est un accident historique qui ne pourra pas tenir beaucoup plus longtemps que n'avaient tenu le royaume de Jérusalem ou le royaume de Salomon. Il faut envisager la possibilité de sa disparition." C'est peut-être en effet ce qui attend les Juifs d'Israël s'ils persistent dans la politique suivie jusqu'à présent. Quand on sait que l'âge d'or du royaume de Salomon ne dura guère qu'un siècle et que le royaume chrétien du croisé Godefroy de Bouillon fut balayé par Saladin 88 ans après sa fondation, il ne reste plus qu'à prendre rendez-vous pour 2040-2050.
Le point de vue d'un Juif américain : Should There Be A Jewish State ? par John Spritzler.
Sharon déclare à qui veut l'entendre : "Ils veulent un Etat palestinien ?... Mais l'Etat palestinien existe déjà : c'est la Jordanie" (sous-entendu : que les Arabes palestiniens y aillent). A quoi les Palestiniens pourraient bien sûr rétorquer que l'existence d'Israël en tant qu'Etat juif est tout à fait superflue, car il existe déjà un Etat juif : les USA. Mais en fait, l'influence palestinienne en Jordanie est infiniment plus faible que l'influence juive aux Etats-Unis.
Après le 11 septembre 2001 : la guerre de Sharon contre les Palestiniens
"Ariel Sharon est un criminel de guerre ; sa place est en prison, pas à la tête du gouvernement."
(Ken Livingstone - maire de Londres)
Sharon est passé maître dans l'art de la provocation. Après l'attentat de New York, il renforce la pression sur les Palestiniens, ne leur laissant d'autre choix que la résistance active. La population soutient de plus en plus le Hamas et son action directe. C'est exactement ce que recherche le chef du gouvernement israélien. Quand les ripostes arabes à la terreur de l'occupant prennent des formes plus extrêmes (par exemple l'exécution d'un ministre), Sharon peut mettre en oeuvre ses "représailles" et déclarer la guerre à Arafat - comme s'il avait fait autre chose depuis qu'il est au pouvoir.
Lire ici: Ubu félicite Sharogne
Inadmissible violence palestinienne (jpg - 76 ko)
N'écoutant que son courage, un vaillant soldat israélien procède à l'arrestation d'un dangereux terroriste (jpg - 12 ko)
(Et encore, le môme peut s'estimer heureux : le type aurait pu lui vider son chargeur dans le ventre - voir plus bas)
Début décembre 2001 : avec la bénédiction de Washington, le champion du terrorisme d'Etat, avec son arrogance habituelle, met Arafat en demeure de "punir le Hamas" et "sévit" sans même attendre la réaction du président palestinien. Il sait pertinemment qu'il y a certaines limites qu'Arafat ne peut dépasser sans sombrer définitivement dans la trahison et l'infamie. Peu importe, pour Sharon, la victoire ne saurait être complète sans cynisme et sans humiliation de l'adversaire. Le chef arabe, docile et craignant sans doute de perdre tout pouvoir, choisit de collaborer un peu. Il joue avec le feu; déjà sa police tue des Palestiniens. Sharon le pousse à aller plus loin. Jusqu'où ira-t-il ?...
Ce qui rend la situation particulièrement inquiétante, c'est qu'elle semble s'inscrire dans le plan d'ensemble des stratèges de la Maison Blanche. Après avoir endormi la méfiance des Palestiniens en septembre, en leur promettant cet Etat qu'ils appellent de tous leurs voeux, Bush a pu lancer son agression contre l'Afghanistan. Maintenant que le sort de ce pays semble réglé, la Palestine pourrait devenir le deuxième théâtre d'opérations. La situation s'envenime: bombardements, bouclage des localités arabes par l'armée d'occupation. L'objectif du sionisme reste en tout état de cause le "nettoyage" de la Palestine de tous ses Palestiniens - une opération autrement plus compliquée que l'extermination des talibans.
Lire l'article de Robert Fisk (The Independent): La dernière guerre coloniale (En mai 2002, Robert Fisk a reçu des menaces de mort de la part de l'acteur américain John Malkovich pour ses prises de position en faveur des Palestiniens.)
Mi-décembre 2001 : Sharon est passé à la phase suivante de son plan: la guerre ouverte contre l'Autorité Palestinienne - qui n'existe plus à ses yeux - et contre la population civile arabe. Parallèlement, il tente d'intimider le Liban, qu'Israël a dû évacuer un an plus tôt. De toute évidence, Washington a donné carte blanche au boucher psychopathe de Tel Aviv, et ce qui se passe en Palestine est l'acte deux de la nouvelle guerre globale. Quant à la France, comme les autres pays européens, elle s'aplatit chaque jour un peu plus devant les maîtres du monde.
Janvier 2002 : Le 24 à Beyrouth, l'ancien chef de guerre chrétien libanais Elie Hobeika est victime d'un attentat à la voiture piégée. Israël accuse aussitôt les Palestiniens d'en être les auteurs - ce qui à première vue paraît logique, puisque Hobeika était un des principaux responsables des tueries de Sabra et de Chatila, en 1982. En fait, il semblerait que Hobeika, pour se disculper, ait été prêt à témoigner contre Sharon devant le tribunal de Bruxelles où celui-ci est accusé de crimes de guerre. Le tueur israélien a-t-il fait liquider son complice déloyal ?... Entre gangsters, les règlements de comptes sont chose courante.
Dans les territoires occupés, Sharon - qui mérite de plus en plus son surnom de Sharogne - continue de massacrer les cadres palestiniens et les populations civiles et de détruire l'infrastructure financée par l'Union Européenne. Plus Arafat fait de concessions à l'occupant, plus celui-ci en réclame.
Février 2002 : A Paris, la cinquième colonne sioniste agite une fois de plus le spectre de l'abominable "antisémitisme hexagonal". Objet du délit : la commémoration du massacre de Charonne (à la station de métro du même nom, le 8 février 1962, 9 personnes qui manifestaient pacifiquement contre la guerre d'Algérie et le terrorisme de l'OAS furent assassinées par la police de Maurice Papon*). Quarante ans plus tard, sans demander la permission du lobby, des impudents osent faire le rapprochement avec les massacres de Sharon. Inadmissible scandale...
* Quelques mois plus tôt, le préfet de police Papon avait fait massacrer à Paris 300 Algériens qui manifestaient contre la guerre. Vingt ans plus tôt, à Bordeaux, le collaborateur pétainiste Papon faisait déporter 1.700 Juifs (dont la liste avait été établie grâce aux données fournies par l'UGIF, une organisation collaboratrice juive créée par Pétain). Dans les années 1980-90, Papon sera poursuivi en justice pour ses actes antijuifs, mais jamais pour ses crimes de 1961-62.
Mars 2002 : En Palestine, la soldatesque israélienne se déchaîne, assassine chaque jour 20, 30 ou 40 civils, tire sur les ambulances et les journalistes. Pour la énième fois, l'ONU adopte une résolution qui restera lettre morte comme toutes les précédentes. La résistance palestinienne s'amplifie, sans Arafat, malgré Arafat. Assiégé dans son réduit de Ramallah, le président palestinien attend que l'occupant l'autorise à jouer son rôle de président. Il risque d'attendre longtemps, ou d'être tué avant. Sharon, fou furieux, est bien incapable de localiser son ennemi véritable, et encore moins d'en venir à bout. Il frappe à l'aveuglette, mais n'obtient que le contraire de l'effet escompté; les attentats anti-israéliens reprennent de plus belle.
En France, pour faire basculer une opinion de plus en plus favorable à la cause palestinienne, le Mossad organise des incendies de synagogues, dont il rend responsables les "terroristes arabes". Depuis quelque temps le gouvernement Sharon essaie de faire croire aux Israéliens qu'une campagne antisémite sévit en France. Pour étayer ces accusations, la télévision israélienne n'a pas hésité à diffuser des images d'une manifestation néo-nazie tenue à ... Berlin.
Avril 2002 : Discrètement encouragés par les Etats-Unis et assurés du silence bienveillant des gouvernements européens, les tueurs du fasciste Sharon intensifient leur guerre de destruction contre les civils palestiniens. A Jénine, les massacres font plusieurs centaines de victimes. Malgré un armement plus qu'insuffisant, la résistance inflige des pertes sensibles aux agresseurs: en trois jours, 22 soldats israéliens sont tués. En Israël même, une petite partie de l'opinion commence à s'opposer à la politique suicidaire du dément d'extrême droite. Des centaines de militaires refusent publiquement de participer à la sale guerre. Quant aux intellectuels et artistes israéliens, de l'écrivain Uri Avnery au chef d'orchestre Daniel Barenboim, ils sont de plus en plus nombreux à protester. Tous des antisémites ?...
Lire ici le point de vue de Michel Warschawsky, pacifiste juif israélien et bête noire des sharognards français.
Juin 2002 : Dans un discours écrit par les dirigeants du lobby sioniste en étroite coopération avec le gouvernement israélien, George W. Bush, "président" nommé par la Cour Suprême des USA par cinq voix contre quatre, contre un concurrent ayant recueilli 600.000 suffrages de plus que lui, George W. Bush se permet de donner une leçon de "démocratie" aux Palestiniens. Le demeuré de la Maison Blanche leur intime l'ordre de chasser Arafat et d'élire "démocratiquement" un fantoche à la solde de Sharon. Même les plus obéissantes marionnettes de Washington - européennes et autres - sont choquées par ce diktat.

Quelques semaines plus tôt, Arafat avait demandé à Sharon de lui faire parvenir un exemplaire de la constitution israélienne, afin de s'en inspirer pour rédiger une constitution palestinienne suffisamment démocratique. Bien entendu, c'était une boutade, car le très "démocratique" Israël n'a pas de constitution - et d'ailleurs que vaudrait une constitution fondée sur la discrimination raciale et religieuse ?
Juillet 2002 : Depuis quelque temps, le gouvernement terroriste de Tel Aviv entreprend la construction d'un mur destiné à "séparer Israël des territoires occupés" et à "empêcher les infiltrations terroristes". Lire ici: Mur de l'Apartheid - Mur de la Honte. A Gaza, Sharon fait larguer une bombe d'une tonne sur un quartier très peuplé. Bilan : 21 morts et 150 blessés dont de nombreux enfants.
Octobre 2002 : Ponctuée d'attentats sporadiques, la répression permanente se poursuit. Quand cent Palestiniens sont tués en quelques semaines (parfois il s'agit d'enfants écrasés sous les décombres de maisons rasées la nuit par des bulldozers de l'armée), la presse se contente de maigres entrefilets. Mais dès que les Arabes se rebiffent en tuant cinq ou six Israéliens, la une des journaux parle d'une "reprise de la folie meurtière". Belle objectivité... En attendant, Sharon se frotte les mains, espérant bien que l'agression américaine contre l'Irak, annoncée depuis un certain temps, lui permettra de réaliser son plan d'expulsion massive des Palestiniens hors de Palestine.
Novembre 2002 : Parmi les morts de la terreur sioniste, on compte cette fois un Britannique travaillant pour les Nations-Unies. En Occident, sa mort passe presque aussi inaperçue que celle des douzaines de Palestiniens tués à peu près au même moment. Ni l'ignoble Tony Blair, ni le lamentable Kofi "Oncle Tom" Annan ne semblent très émus - ne parlons pas de l'attardé mental de la Maison Blanche. Si la chose s'était produite en Irak, avec pour victime un des "inspecteurs" de l'ONU, le Pentagone n'aurait pas hésité une seconde à bombarder Bagdad, avec bien entendu l'approbation bruyante de ceux qui se taisent maintenant.
Décembre 2002 : Israël joue à la "démocratie" en organisant pour l'opinion mondiale une "crise gouvernementale" qui sera bientôt suivie de nouvelles "élections libres". Heureusement, tous les Israéliens ne sont pas dupes. Dans un article intitulé Des élections en Israël - et alors ?, Ran HaCohen, professeur de littérature à l'Université de Tel Aviv, nous explique que dans son pays, gouvernement, parlement et partis politiques ne sont que des feuilles de vigne cachant le véritable pouvoir. Celui-ci est exercé par un triumvirat comprenant le chef d'état-major de l'armée, le ministre de la guerre et le chef du gouvernement. Comme dans toute bonne dictature militaire, ce dernier doit avoir l'agrément des deux premiers, et non l'inverse. S'il ne l'a plus, on le démissionne ou on le liquide physiquement (voir Yitzhak Rabin). Sharon, lui, convient parfaitement.
Il ne faut pas croire que la campagne électorale interrompt en quoi que ce soit la campagne coloniale. La guerre continue. A Gaza, début décembre, l'armée d'occupation détruit intentionnellement un stock alimentaire de l'ONU (plus de 500 tonnes de farine, de riz et d'huile végétale). Mais qu'est-ce en comparaison des pertes humaines ? Depuis l'arrivée de Sharon au gouvernement, 2200 Palestiniens ont été assassinés par la soldatesque de l'Etat hébreu, dont 800 enfants et 260 dirigeants politiques. 70.000 civils ont été blessés, dont 25.000 enfants. 20.000 personnes ont été arrêtées. (Chiffres cités par la Ligue anti-impérialiste, Bruxelles.) En juillet 2003, on apprendra que près de 7.000 Palestiniens sont encore détenus. En deux ans, 38.000 maisons ont été détruites et près de 300.000 arbres (oliviers, citronniers) déracinés. Les territoires occupés ont été quadrillés, bouclés et morcelés à l'extrême ; des centaines de points de contrôle militaires fixes ou mobiles empêchent toute circulation et toute activité économique. Les Palestiniens sont soumis à des brimades et à des humiliations continuelles.
Janvier 2003 : A l'approche du scrutin, les barbares en uniforme massacrent encore quelques dizaines de Palestiniens, rasent fabriques, habitations et cultures. La presse occidentale, qui n'y voit aucun signe de terrorisme, ne tarit pas d'éloges sur la "démocratie" israélienne. Rare exception, cette caricature de Dave Brown dans le quotidien anglais The Independent (d'après un tableau de Goya) :

" Qu'est-ce qu'il y a ?... Vous n'avez jamais vu un homme politique embrasser un bébé ? "
Comment réagissent les chiens de Pavlov du lobby sioniste à la vue de cette caricature ? Comme d'habitude : en criant à l'antisémitisme. [Tout dessin hostile aux dirigeants israéliens est automatiquement et systématiquement assimilé aux déjections de la feuille nazie Der Stürmer de Julius Streicher.]
Février 2003 : Après sa réélection, Sharon prépare son prochain crime, l'épuration ethnique de la Palestine. En attendant, il continue d'assassiner cinq ou six civils par jour - parfois plus, quand il est en forme.
Mars 2003 : Parmi les nombreuses victimes de la terreur israélienne, on compte une militante pacifiste américaine, écrasée à Gaza par un bulldozer de l'armée d'occupation, alors qu'elle tentait de s'opposer à la destruction d'une maison palestinienne.
Avril 2003 : Bush et Sharon obligent Arafat à accepter la nomination d'un "premier ministre". On a choisi Mahmoud Abbas (dit Abou Mazen), un homme à l'échine très souple, plus apte à exécuter les ordres émanant des maîtres du monde. Pourquoi ne pas mettre tout simplement un général israélien à la tête de ce "gouvernement" palestinien ?... Ce qui est faisable à Bagdad devrait l'être aussi à Ramallah. D'autant plus que cela faciliterait la tenue d'élections libres en Palestine.
La guerre américaine contre l'Irak, commencée le 20 mars, s'est déroulée comme prévu : Saddam Hussein, un des plus farouches adversaires de l'Etat juif, a disparu. Après l'Irak, Sharon fait maintenant pression sur les USA pour qu'ils "nettoient" la Syrie et le Liban pour le compte d'Israël - pour ainsi dire "en prime", car il y a peu ou pas du tout de pétrole dans ces pays. Il y a, par contre, le Hezbollah et d'autres organisations qui animent ou soutiennent la résistance palestinienne. Lorsqu'elles seront elles aussi anéanties, la question du "transfert" des populations arabes ne posera plus de problème. Lire ici Phase Two Begins, un article de Justin Raimondo sur la guerre par procuration.
Mai 2003 : Entre-temps, Sharon poursuit la destruction des territoires. La liste des victimes civiles ne cesse de s'allonger (le record : 16 morts en une journée). Et comme son ami Bush à Bagdad, le tueur en chef israélien n'épargne pas la presse (un journaliste britannique tué).
Tandis que les fauteurs de guerre amusent la galerie avec leur énième plan de paix bidon, qu'ils ont cette fois baptisé "feuille de route", le régime sioniste contitue de construire son mur de "séparation" (c'est le terme français pour apartheid). Le mur n'a pas pour fonction de matérialiser la ligne verte (la frontière entre Israël et les territoires occupés) ; il est plutôt l'occasion d'annexer de facto une grande partie de la Cisjordanie - voir la carte de l'association pacifiste israélienne Gush Shalom et les détails de l'opération. Il n'a pas non plus pour but de "protéger Israël des infiltrations", puisqu'il se dresse également du côté jordanien (très loin en retrait de la frontière).
Si l'expulsion des Palestiniens (épuration ethnique) n'est pas réalisable à brève échéance, Sharon se contentera dans un premier temps de ce pis-aller que constitue le mur de l'apartheid. A force de rétrécir, la peau de chagrin du "futur Etat indépendant" finira bien par disparaître complètement. Et si les Palestiniens n'apprécient pas l'idée de vivre dans ce bantoustan, ils partiront peut-être d'eux-mêmes.
Colonisation
Expansion juive en Palestine depuis 1920 :
1920 : 1 % - 1947 : 6 % - 1948 : 56 %
1949-67 : 78 % - 2004 : 90 %
Et bientôt : 100 % ?...

Grignotage et nettoyage (ethnique)
sont les deux mamelles du sionisme
Prolifération des colonies juives à Jérusalem-Est :
Mode d'emploi :
1) On intègre dans Jérusalem-Est toutes les communes palestiniennes situées entre Ramallah et Bethléem
2) On décrète que les "nouveaux quartiers" de la ville ne font plus partie de la Cisjordanie
3) On rase au bulldozer les immeubles arabes qui s'y trouvent
4) On expulse les Palestiniens qui sont maintenant "sans domicile fixe"
5) Sur les terrains ainsi "libérés", on construit des maisons réservées aux Juifs
6) On crie à l'antisémitisme quand les Palestiniens et le monde civilisé protestent
(et même quand ils ne protestent pas)
7) On fait voter des subventions supplémentaires par le Congrès américain
8) On souhaite la bienvenue aux nouveaux colons débarqués de Brooklyn
(© Ariel Sharon, Shimon Peres & Co.)
Juin 2003 : Mahmoud Abbas, en bon laquais servile et obéissant, signe bien sagement avec Sharon et Bush un "plan de paix" qui oblige son "gouvernement" à mettre fin au "terrorisme palestinien" (c'est-à-dire à toute attaque contre des civils ou des militaires israéliens). En contrepartie, on lui promet, pour 2005, un chimérique Etat dont on ne sait pratiquement rien. Entre-temps, Israël pourra poursuivre sa colonisation des territoires et ses actes de terreur avec l'appui américain.
Le 8 juin, pour montrer ce qu'ils pensent de ce "plan de paix", les activistes palestiniens abattent quatre soldats israéliens. Pour la première fois, les trois principaux groupes religieux (Hamas, Djihad islamique et Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa) agissent conjointement. Va-t-on vers une unification de la résistance ?
Infliger un revers militaire, même modeste, à "l'invincible" soldatesque sioniste est le pire outrage qu'on puisse lui faire. Aussitôt, Sharon ordonne des attaques contre Gaza, qui coûtent la vie à de nombreux civils sous prétexte de viser le Hamas. La réaction palestinienne ne se fait pas attendre et l'escalade peut reprendre. Le tueur fou, que la "feuille de route" avait légèrement contrarié, peut maintenant s'en donner à coeur joie et rattraper le temps perdu. Comme à l'accoutumée, Bush et ses vassaux "se montrent soucieux" lorsque les Israéliens tuent des civils palestiniens, et "condamnent de toutes leurs forces les lâches attentats terroristes" lorsque c'est le contraire qui se produit.
Août 2003 : Après un semblant de trêve de quelques semaines - durant lesquelles les Palestiniens se tiennent tranquilles et les Israéliens continuent de construire leur mur de la honte - un attentat soi-disant revendiqué par le Hamas fait 20 morts à Jérusalem et permet à Sharon de stopper son prétendu "plan de paix". Quant on sait que les actes véritablement imputables aux islamistes font rarement plus de trois ou quatre victimes, il n'est pas difficile d'imaginer qui a été l'instigateur de cette attaque. Un des problèmes de la résistance palestinienne est précisément qu'elle est à la merci de toutes les manipulations. (Le journal israélien Ha'aretz décrit ici comment la police secrète de l'Etat juif recrute les "terroristes palestiniens" et les "membres d'Al-Qaïda".)
Septembre 2003 : Mahmoud Abbas, pas assez collabo aux yeux de ses maîtres, doit démissionner. Par les temps qui courent, il est pratiquement impossible de trouver du bon personnel... En attendant, le fasciste Sharon annonce ouvertement son intention de liquider physiquement Arafat. Depuis le massacre perpétré en 1946 à l'hôtel King David de Jérusalem, les terroristes sionistes sont fiers de leur longue liste d'assassinats ciblés et rêvent d'y inclure le président palestinien.
Tandis que le monde civilisé s'insurge, les USA mettent leur veto à une résolution de l'ONU demandant à Israël "de s'abstenir d'utiliser une force démesurée et de respecter strictement le droit humanitaire international". Malgré sa paralysie quasi-totale (dans l'affaire irakienne et dans d'autres domaines), l'organisation internationale est néanmoins un fidèle reflet de l'isolement de l'Etat raciste juif. Lors du vote, quatre pays seulement s'opposent à la résolution : Israël, les USA, la Micronésie et les Iles Marshall. Les gouvernements de ces deux derniers Etats - d'anciennes colonies américaines - dépendent étroitement des contributions financières de Washington. Si les Nations Unies avaient la maîtrise de leurs décisions, le régime sioniste hors-la-loi serait depuis longtemps exclu de la communauté internationale, comme l'ont été en leur temps les régimes d'Afrique du Sud et de Rhodésie.
Autre sujet de mécontentement pour les sharognards : vingt-sept officiers de l'armée de l'air israélienne signent une déclaration collective exprimant leur refus de participer aux massacres de civils palestiniens dans les territoires occupés. Leurs noms viennent s'ajouter à ceux de quelque 1.300 refuzniks.
Décidément, le monde est plein de méchants antisémites...
Octobre 2003 : Un attentat terroriste fait une vingtaine de morts à Haïfa (dont un certain nombre d'Arabes). Aussitôt, le Djihad islamique "revendique" ce mauvais coup trop bien réussi. Cette "revendication" incontrôlable nous parvient, comme toujours en pareil cas, par le truchement des médias israéliens et occidentaux, et sert de prétexte à l'Etat juif pour lancer des attaques militaires préparées de longue date. Cette fois, Sharon fait aussi bombarder la Syrie. Espère-t-il ainsi pouvoir déclencher cette guerre contre Damas qui aurait dû avoir lieu au printemps, mais que l'inattendue résistance irakienne a empêchée ? Encore quelques actions similaires du Mossad mises sur le dos des islamistes, et la provocation pourrait réussir - et Israël parviendrait enfin à se débarrasser du gênant Arafat sans trop attirer l'attention.
Détail à peine croyable : lors des débats au Conseil de sécurité après l'agression contre la Syrie, le délégué de Tel Aviv reproche à Damas de "violer les résolutions de l'ONU".
A Gaza, les massacres de civils palestiniens et les destructions systématiques continuent. En moins de vingt-quatre heures, la soldatesque israélienne rase 150 maisons, faisant 2000 sans-abri de plus. Le 15 octobre, toujours à Gaza, pour faire taire les voix occidentales qui continuent de s'opposer à ces agissements criminels, le Mossad monte une nouvelle false flag operation. Il fait sauter un convoi diplomatique américain et met l'attentat sur le compte "des terroristes" ; il y a trois morts. Après un tel acte, qui pourrait encore refuser à Sharon le droit de "sévir" contre les dirigeants palestiniens ?
En attendant, la terreur de l'Etat sioniste se poursuit implacablement. De nouveau on enregistre en l'espace d'une journée une quinzaine de civils palestiniens tués, dont des enfants et un médecin qui tentait de leur porter secours.
Novembre 2003 : Un sondage Eurobaromètre de l'UE donne du fil à retordre aux sharognards : 59 % des Européens (55 % des Français, 63 % des Belges, 65 % des Allemands, 74 % des Hollandais) considèrent qu'Israël est le pays qui menace le plus la paix mondiale - ça, comme dirait l'autre, c'est de l'antisémitisme pur porc ou alors j'y connais rien... Malgré les protestations "spontanées" orchestrées par le lobby et les excuses honteuses des "chefs" européens Berluscono et Prodi, l'image de marque de l'Etat raciste "le plus démocratique du Moyen-Orient" en prend un sacré coup. A l'avenir, pour ce genre de sondage, au lieu de choisir des gens comme vous et moi, on devrait peut-être recourir à un échantillon représentatif de journalistes des grands médias, en excluant par avance - on ne sait jamais - toutes les réponses potentiellement anti-israéliennes.
Toujours est-il que pour retrouver aux yeux de l'opinion publique ce rôle de victime éternelle qui lui sied si bien, Sharon doit une fois de plus activer son Mossad, lequel fait aussitôt sauter deux synagogues à Istanbul (entre-temps, ces terroristes ont acquis une certaine routine - lire ici un petit rappel de leurs performances). Les trois quarts des victimes sont des musulmans, mais qu'à cela ne tienne. L'effet voulu est atteint, du moins provisoirement. Israël peut, pendant quelque temps, tuer tranquillement des Palestiniens, raser leurs maisons, détruire leurs cultures, achever la construction du mur de l'apartheid et réclamer une nouvelle guerre, sans que personne ne s'en offusque.
En France, le même jour (un samedi), suivant un timing presque parfait, on met le feu au lycée juif de Gagny (en fait, un bâtiment vide en cours de réfection), ce qui permet d'exiger et d'obtenir un renforcement des lois répressives dirigées contre tout ce qui est arabe ou musulman.* Le lobby sioniste nous disait bien qu'il y avait "recrudescence", alors que le gouvernement, lui, s'endormait, se fiant à des statistiques qui prouvent exactement le contraire. Et pendant que les médias et la caste politique crient à "l'antisémitisme", personne ne parle des agressions racistes bien réelles, comme celles commises par les commandos judéo-nazis de la soi-disant Ligue de Défense Juive, ces S.A. à la solde d'Israël qui jouissent à l'intérieur de l'Hexagone d'une totale impunité.
* Comme le signale L'Express du 19 janvier 2004, un nouveau contrat d'assurance de 5 millions d'euros avait été signé quelque temps avant l'incendie. On a donc, en quelque sorte, fait d'une allumette deux coups. Axa paiera sans rechigner - ils n'ont sûrement pas envie de passer pour des antisémites. Ce genre d'attentat bidon est courant, en France et ailleurs. Déjà en janvier 2003, le rabbin Gabriel Fahri avait été "poignardé par un antisémite" près de sa synagogue du 11ème arrondissement de Paris. On entend encore les cris d'indignation. Quelques mois plus tard, très discrètement, le dossier avait été refermé. Conclusion : automutilation. Beaucoup de bruit pour quelques égratignures volontaires.
Fort heureusement, tous les Israéliens ne soutiennent pas la politique criminelle de leur gouvernement actuel. Certains d'entre eux (députés et anciens ministres) ont négocié à Genève un "accord de paix" (bien timide* et purement symbolique) avec les Palestiniens. Mais pour les fascistes de l'Etat hébreu (il y en a qui sont plus à droite que Sharon), pareille démarche mérite la peine de mort.
Tout cela montre bien que, contrairement à ce que prétendent les enragés du sionisme et leurs serviteurs de la presse, il n'y a pas d'un côté "les Juifs" et de l'autre de mythiques "antisémites". Le véritable clivage passe entre les criminels et fauteurs de guerre de la clique Sharon-Bush-Blair et le reste du monde. Malgré l'incessante propagande à laquelle il est exposé, le monde n'est pas tout à fait dupe : il sait - ou se doute - d'où vient le danger.
* S'il était appliqué, cet accord de Genève - lire ici le texte intégral - ferait la part belle aux Israéliens. Pendant une période allant de 5 ans 1/2 à 10 ans, ils seraient autorisés à maintenir une présence militaire au coeur du nouvel Etat palestinien (aéroports, gares de fret, stations d'alerte lointaine, vallée du Jourdain, survol aérien) et contrôleraient toutes ses importations. La Palestine ne pourrait se doter d'une armée ni acquérir d'armes lourdes. Une force multinationale (qui serait sans doute dominée par les USA) veillerait à ce que les Palestiniens appliquent

